Le chrisme est un symbole chrétien complexe dont l’apparence s’est stylisée au fil des siècles. D’où vient cet étrange mélange de lettres grecques et pourquoi occupe-t-il une place si importante dans l’art chrétien de l’est de l’Europe ? Découvrez la signification des bijoux en forme de chrisme.

Le chrisme, monogramme du Christ

Si sa forme a évolué au fil des siècles, le chrisme est constitué au départ de l’alliance de deux lettres grecques superposées. La première ressemble à un X (chi), tandis que la seconde se rapproche d’un P (rhô). De cette combinaison résulte un symbole qui se présente comme une étoile à six branches dont la branche supérieure aurait été ornée d’une boucle.

Plus tard, le chrisme s’est simplifié jusqu’à devenir une simple étoile inscrite dans un cercle : on parle alors d’une roue à six branches, symbole de l’unité et du lien établi par la foi entre les vivants et le sacré.

Au fait, pourquoi parle-t-on souvent de « monogramme du Christ » ? Les deux lettres qui composent le chrisme sont les premières du mot grec Khristos qui désigne le Christ. En grec ancien, le terme désigne littéralement ce qui est sacré et ce qui a reçu l’onction. Il donnera naissance au terme christus en latin, qui donnera à son tour Christ en français moderne.

Dans l’est de l’Europe, le chrisme est parfois représenté dans une version enrichie des deux lettres alpha et oméga (première et dernière lettre de l’alphabet grec) qui symbolisent le commencement et la fin. On comprend donc pourquoi le chrisme est un symbole chrétien de premier plan : sa présence convoque directement celle du Christ et confère un caractère sacré à celui ou celle qui le porte.

Les origines du chrisme

La première grande apparition du chrisme est associée à un épisode marquant de l’histoire chrétienne : la conversion de l’empereur romain Constantin. L’histoire raconte que l’empereur, converti depuis peu au christianisme, aurait reçu dans un rêve le symbole du chrisme, accompagné du message « In hoc signo vinces » (par ce signe tu vaincras). Après sa victoire, le chrisme devient l’un des symboles officiels des empereurs romains de confession chrétienne. On le retrouve sur des pièces de monnaie, des casques ou des boucliers.

Le chrisme perdra ensuite en importance en Europe de l’Ouest, progressivement remplacé par le croix dans l’iconographie chrétienne. Plus à l’est, il reste un symbole très employé pendant toute la fin de l’Antiquité et jusqu’au Moyen-Âge. On croise régulièrement des chrismes sur les vitraux, les bas-reliefs ou les frontons d’édifices religieux. Le monogramme du Christ est également très présent dans toute la peinture d’inspiration chrétienne.

Bijoux et médailles

Le chrisme se décline enfin en bijou ! Souvent, il s’inscrit dans une médaille circulaire, offerte à l’occasion d’une communion, d’un baptême ou de tout autre événement important de la vie religieuse.

Offrir une médaille en forme de chrisme signifie que l’on souhaite symboliquement placer le destinataire sous la protection du Christ et l’accompagner dans son chemin de vie.