C’est un symbole que l’on connaît bien, empreint de rondeur et de dynamisme. Le triskel breton est associé aux Celtes, mais ses origines sont bien plus anciennes. Nous vous proposons aujourd’hui d’explorer la signification et l’histoire de cette roue à trois branches que l’on retrouve aussi beaucoup dans le monde de la bijouterie.

Le triskel dans l’histoire

Le nom « triskel » (aussi écrit « triskell » ou « triskèle ») provient du grec « triskélès » qui signifie « à trois jambes ». Il s’agit d’un motif giratoire ternaire particulièrement utilisé par les celtes et majoritairement associé à cette culture.

Il est composé de trois branches dont les extrémités extérieures en spirale s’enroulent dans le sens des aiguilles d’une montre (sens diurne). Ce sens bien particulier évoque l’idée de paix, d’enthousiasme et de joie. Attention, la direction est très importante ! En effet, un triskel tournant dans le sens anti-horaire (sens nocturne) aurait une signification négative, maléfique même, et représenterait le conflit.

Son origine est très ancienne et remonterait à la période du néolithique. Des traces de ce motif ont été retrouvées dans de nombreuses cultures et périodes différentes. Principalement associé à la culture Celte, il est cependant présent sur des pièces de la Grèce Antique ou encore sur des monuments religieux catholiques, comme par exemple l’Abbaye de Saint-Antoine-l’Abbaye dans l’Isère.

Les plus anciennes traces du triskel sont situées sur l’île de Malte, sur les pierres de temples mégalithiques. On en trouve également beaucoup gravés sur des pierres en Irlande, notamment sur le site de New-Grange.

Laissé de côté pendant de longues années, il refait son apparition à la fin du 6ème siècle, période de l’art mérovingien, pour ensuite tomber de nouveau dans l’oubli.

Dans les années 1920, l’appartenance du triskel au milieu druidique et donc à la Bretagne, se fait plus marquée. Il devient même l’insigne du Parti national breton en 1941. Par la suite, ce symbole s’est beaucoup popularisé tout comme d’autres éléments associés à la culture bretonne, notamment l’engouement pour la musique celtique. Il fait aujourd’hui partie des symboles les plus connus de cette région de France.

Les multiples symboliques du triskel

Le triskel est sujet à plusieurs interprétations mais évoque toujours l’idée de cycle. Certains y voient trois jambes réunies autour d’un axe central en forme de triangle aux côtés concaves, et tournant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

Pour d’autres, ce symbole représenterait trois éléments naturels ; à savoir le feu, la terre et l’eau. D’autres affirment qu’il s’agirait plutôt de la terre, de l’eau et du ciel.

Une autre théorie suggère que les trois branches du triskel symboliseraient les trois dieux principaux que l’on retrouve dans la religion celte : Dagda le dieu-druide seigneur des cieux, Ogmios dieu de l’éloquence et Lug le dieu qualifié de « polytechnicien ». Dans cette même idée, elles pourraient aussi évoquer les trois druides primordiaux, les trois déesses de la guerre ou les trois reines d’Irlande.

Enfin, le triskel pourrait symboliser trois états différents mais intrinsèquement liés : sommeil/rêve/éveil, enfance/vie adulte/vieillesse, passé/présent/futur, ou encore lever/zénith/coucher du soleil.

Comme pour de nombreuses figures dans ce genre, il est question de trilogie ou plutôt de trinité, de chiffre 3, et les interprétations qui en découlent sont nombreuses.

Le triskel de notre époque

Il est désormais porté comme symbole de vie, de chance ou encore d’éternel recommencement. Il est aussi pour certains un signe d’appartenance à la communauté bretonne. On le retrouve sur de nombreux bijoux, mais aussi sur des vêtements, des décorations, des objets divers (notamment des souvenirs en Bretagne) et des tatouages. Il est même employé par quelques marques afin d’assoir leur origine bretonne.

Bijoux aujourd’hui

Dans l’univers joaillier, le pendentif triskel est très courant. On trouve des modèles classiques en or ou en argent, mais aussi d’autres plus travaillés ou stylisés, parfois entourés d’un cercle, formant ainsi une médaille.

C’est une pièce mixte qui est aussi bien portée par des hommes que par des femmes.

Outre le pendentif, le triskel peut aussi se retrouver sur des bracelets, des boucles d’oreilles ou des bagues. Il est apprécié pour son image de porte-bonheur, mais aussi pour sa forme harmonieuse et son dynamisme induisant l’idée de mouvement et de constant renouvellement.